Conseil international du lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent

Section 5: Impacts sur les divers groupes d’intérêt

5.1    Généralités
  5.1.1 Quels sont les avantages et les conséquences des hauts niveaux d’eau? Qui est touché?
  5.1.2 Quels sont les avantages et les conséquences des bas niveaux d’eau? Qui est touché?
  5.1.3 Les impacts négatifs se produisent à partir de quel niveau (bas ou élevé) sur le lac Ontario?
  5.1.4 Quels ont été les impacts de la régularisation sur le lac St. Lawrence, comparativement aux conditions qui prévalaient avant le projet?
  5.1.5 Quels ont été les impacts de la régularisation sur le lac St. Lawrence, comparativement aux conditions qui prévalaient avant les aménagements?
  5.1.6 Quels renseignements sont disponibles sur les niveaux d’eau?
 5.2   Utilisation de l’eau à des fins domestiques et sanitaires
  5.2.1 De quelle façon les niveaux bas ou élevés peuvent-ils nuire aux utilisations domestiques et sanitaires?
5.3   Navigation commerciale
  5.3.1 De quelle façon la régularisation des débits du lac Ontario influence-t- elle la navigation commerciale?
  5.3.2 Les intérêts de la navigation sont-ils touchés par les niveaux d’eau du lac Ontario?
  5.3.3 Peut-on mettre fin plus tôt à la saison de navigation entre le lac Ontario et Montréal afin d’augmenter les débits du lac Ontario?
5.4   Hydroélectricité
  5.4.1 Les débits élevés du lac Ontario profitent-ils aux sociétés hydroélectriques?
  5.4.2 Lorsque le Conseil augmente le débit sortant du lac Ontario, l’eau en sus est-elle évacuée ou sert-elle tout de même à produire de l’électricité?
5.5   Environnement
  5.5.1 Quel est le pouvoir du CICFSL de considérer l’environnement lorsqu’il fixe les débits du lac Ontario?
  5.5.2 La régularisation, en raison de la réduction des épisodes de niveaux d’eau extrêmement élevés ou extrêmement bas dans le lac Ontario, a-t-elle nui aux milieux humides?
  5.5.3 De quelle façon la régularisation a-t-elle modifié l’environnement en amont des installations de Massena et de Cornwall?
  5.5.4 De quelle façon la régularisation a-t-elle nui à l’environnement en aval du barrage?
5.6   Propriétaires riverains
  5.6.1 Quels facteurs influent sur l’inondation et l’érosion des zones riveraines?
  5.6.2 Quels ont été les avantages de la régularisation du lac Ontario pour les propriétaires riverains du fleuve Saint-Laurent?
  5.6.3 Existe-t-il d’autres moyens que la régularisation des niveaux d’eau pour résoudre les problèmes d’inondation et d’érosion?
  5.6.4 Que puis-je faire, en tant que propriétaire, pour me protéger contre les dommages causés à ma propriété par les niveaux d’eau élevés? Que peut faire le Conseil pour m’aider?
5.7   Navigation de plaisance
  5.7.1 À part la régularisation des niveaux d’eau, y a-t-il d’autres mesures qui peuvent profiter aux plaisanciers?

 

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5.1 Généralités [retour au début]

5.1.1 Quels sont les avantages et les conséquences des hauts niveaux d’eau? Qui est touché?

Des niveaux d’eau élevés profitent généralement aux usagers de l’eau des municipalités, à la navigation commerciale et de plaisance et à la production d’hydroélectricité. Ils nuisent aux propriétés riveraines en recouvrant les quais fixes ou en inondant les bâtiments près des rives. De plus, les taux d’érosion des rives s’accélèrent souvent lorsque les niveaux d’eau sont élevés, et les ouvrages de protection des rives peuvent être endommagés par ces niveaux élevés. Les niveaux élevés permettent aux milieux humides de s’étendre à l’intérieur des terres et les inondent à une plus grande profondeur, ce qui est bénéfique de temps à autre. Des niveaux élevés périodiques sont nécessaires pour maintenir la productivité et la santé des milieux humides.

5.1.2 Quels sont les avantages et les conséquences des bas niveaux d’eau? Qui est touché?

Des bas niveaux d’eau ont des impacts sur les réseaux d’eau municipaux, parce que les prises d’eau peuvent ainsi être au-dessus de la surface de l’eau, ou parce que l’eau peut être plus chaude et de moins bonne qualité. Les bas niveaux d’eau réduisent l’eau disponible pour la dilution des eaux usées municipales, ou augmentent les coûts de traitement.

La navigation commerciale et de plaisance souffrent des bas niveaux d’eau, car les chenaux sont moins profonds. Les navires peuvent devoir diminuer leur charge afin de réduire leur tirant d’eau et les plaisanciers peuvent trouver que les quais ou les installations de mises à l’eau ne se rendent pas assez loin. La production d’hydroélectricité est touchée par une hauteur de chute ou des débits plus faibles. Les bas niveaux d’eau peuvent bénéficier aux propriétaires riverains dont les quais sont courts et bas ou qui ont des bâtiments trop près de la rive. Les taux d’érosion diminuent généralement lorsque les niveaux d’eau sont bas.

De bas niveaux d’eau périodiques en été peuvent aussi avoir des effets positifs pour l’environnement. Ils augmentent les plages et les vasières exposées. De plus, les plantes de milieux humides peuvent pousser plus loin dans le lac et le fleuve. L’assèchement périodique des milieux humides favorise la germination des semences en dormance, et profite aux espèces de plantes de milieux humides et à la biodiversité.

5.1.3 Les impacts négatifs se produisent à partir de quel niveau (bas ou élevé) sur le lac Ontario?

Bien que le lac Ontario doit être régularisé pour que les niveaux se maintiennent au-dessus de 74,15 m (243,3 pi) durant la saison de navigation et en dessous de 75,37 m (247,3 pi), qui sont tous deux des moyennes mensuelles, il n’existe aucun niveau repère à partir duquel on peut affirmer que des impacts négatifs se produisent dans le système. L’importance du préjudice subi par un utilisateur est fortement tributaire du lieu, de l’usage et parfois du moment de l’année. La CMI et le Conseil savent que différents secteurs du réseau peuvent subir des impacts lorsque les niveaux du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent varient, même à l’intérieur de la plage de fluctuation prescrite.

5.1.4 Y a-t-il quelque chose que les collectivités riveraines peuvent faire pour aider le Conseil? [retour au début]

Les collectivités riveraines peuvent aider le CICFSL en communiquant avec lui afin qu’il comprenne leur situation et leurs préoccupations. Surtout, elles peuvent s’aider elles-mêmes en se renseignant davantage au sujet des dangers qui menacent les zones riveraines et en intervenant pour en réduire le risque, en particulier en intégrant des mesures de réduction des risques à leurs efforts de revitalisation des rives et à leur planification à long terme de l’aménagement des zones riveraines.

5.1.5 Quels ont été les impacts de la régularisation sur le lac St. Lawrence, comparativement aux conditions qui prévalaient avant les aménagements?

Avant la construction du barrage de la centrale hydroélectrique Moses-Saunders, du barrage de Long Sault et des ouvrages de protection connexes, le tronçon du fleuve Saint-Laurent en amont du projet était beaucoup plus étroit et il était caractérisé par des eaux vives et des rapides. Il était également propice à la formation d’embâcles qui causaient des inondations. La construction de la Voie maritime et de la centrale ont stabilisé les débits et créé le lac St. Lawrence, le grand réservoir en amont du barrage Moses-Saunders. L’élargissement du fleuve à cet endroit a causé l’inondation de certains villages historiques et de fermes sur les deux rives du fleuve. Les gens qui ont perdu leur maison ont dû être relocalisés et beaucoup de maisons ont été déménagées sur de nouveaux terrains situés en milieu sec. Ces aménagements ont aussi permis à la navigation de plaisance et aux entreprises connexes de prendre de l’expansion dans ce secteur. Sans l’aménagement du barrage Moses-Saunders et de la régularisation afférente, la plus grande partie du fleuve Saint-Laurent entre Ogdensburg et Massena, N.Y., ne serait pas accessible aux navires océaniques.

5.1.6 Quels renseignements sont disponibles sur les niveaux d’eau?

Comme les niveaux d’eau concernent beaucoup de groupes d’intérêt, peut-être un des vôtres, le Conseil a recours à de nombreux moyens pour diffuser les niveaux d’eau dans le système. La page « Données » de notre site Web donne les niveaux actuels et récents et permet aux utilisateurs de s’abonner à une liste de diffusion pour recevoir des annonces. La page « Publications » contient les communiqués. Le Conseil donne des mises à jour hebdomadaires des niveaux et des débits (aux États-Unis, le numéro de téléphone est le 1-800-883-6390, et au Canada le numéro est le 1-800-215-9173 (français) ou le 1-800-215-8794 (anglais). On peut aussi visiter le site web du conseil et la page Facebook. Le Conseil recommande à tous de s’informer des niveaux d’eau et de se préparer à tolérer des niveaux dans la plage précisée par l’ordonnance d’approbation. Pour le lac Ontario, la limite supérieure des niveaux mensuels moyens s’établit à 75,37 m (247,3 pi), et la limite inférieure (d’avril à décembre) à 74,15 m (243,3 pi), soit un intervalle de 1,22 m (4 pi). Le niveau du fleuve montre de plus grandes fluctuations de niveaux d’eau.

5.2 Utilisation de l’eau à des fins domestiques et sanitaires [retour au début]

5.2.1 De quelle façon les niveaux bas ou élevés peuvent-ils nuire aux utilisations domestiques et sanitaires?

Des niveaux d’eau élevés peuvent menacer l’approvisionnement en eau à des fins domestiques et sanitaires, en raison de l’inondation et du refoulement des conduites d’égout sanitaire, de l’inondation et de la contamination des puits de stockage d’eau et, lorsque les niveaux sont très élevés ou lors de tempêtes, où les postes de captage d’eau peuvent être inondées.

De très faibles niveaux d’eau peuvent nuire aux puits riverains ainsi qu’aux prises d’eau municipales et industrielles le long du fleuve Saint-Laurent et de l’ensemble des rives du lac Ontario. On peut éviter de telles répercussions par une conception adéquate de ces installations, en tenant compte de la plage de fluctuation des niveaux et des débits du lac Ontario précisée dans l’ordonnance d’approbation et observée dans le fleuve Saint-Laurent.

5.3 Navigation commerciale [retour au début]

5.3.1 De quelle façon la régularisation des débits du lac Ontario influence-t-elle la navigation commerciale?

La construction de la Voie maritime et du barrage hydroélectrique a ouvert les Grands Lacs à la navigation des navires océaniques. Les débits qui dépassent les limites prévues au Plan de régularisation peuvent augmenter de beaucoup la vitesse du courant et les courants transversaux dans le fleuve, qui peuvent se produire à des emplacements clés, comme les entrées des écluses. Ces conditions peuvent devenir dangereuses pour la navigation. De plus, des débits très élevés au barrage hydroélectrique Moses-Saunders réduisent le tirant d’eau dans le lac St. Lawrence, juste en amont du barrage, en raison de l’abaissement de la surface de l’eau au niveau du barrage et juste en amont.

Par contre, des débits très faibles peuvent entraîner des niveaux d’eau extrêmement bas dans les tronçons de la Voie maritime situés en aval et dans le Port de Montréal, ce qui restreint la capacité des navires de franchir les chenaux et/ou de s’approcher des quais. Dans certaines situations, les transporteurs peuvent devoir alléger leurs navires, ce qui les force à abandonner des marchandises, ou bien à effectuer un plus grand nombre de voyages.

5.3.2 Les intérêts de la navigation sont-ils touchés par les niveaux d’eau du lac Ontario?

Même si des niveaux d’eau élevés dans le lac Ontario peuvent être bénéfiques pour la navigation, ils entraînent souvent des débits plus élevés dans le fleuve Saint-Laurent, ce qui peut avoir des impacts négatifs. Par exemple, des débits plus élevés peuvent produire des contre-courants qui rendent difficile la manoeuvre des navires. Les faibles niveaux peuvent aussi être dangereux pour la navigation et provoquer l’échouage des navires. Les transporteurs peuvent devoir alléger leurs navires, ce qui les force à abandonner des marchandises, ou bien à effectuer un plus grand nombre de voyages.

5.3.3 Peut-on mettre fin plus tôt à la saison de navigation entre le lac Ontario et Montréal afin d’augmenter les débits du lac Ontario?

La Commission ne fixe pas les dates de début et de fin de la saison de navigation. La saison de navigation est déterminée conjointement par la Corporation de gestion de la Voie maritime du Saint- Laurent, au Canada, et par la St. Lawrence Seaway Development Corporation, aux États-Unis. Toutefois, la régularisation des débits en conformité au Traité des eaux limitrophes et à l’ordonnance d’approbation de la CMI prend en considération la navigation.

5.4 Hydroélectricité [retour au début]

5.4.1 Les débits élevés du lac Ontario profitent-ils aux sociétés hydroélectriques?

En général, la production d’hydroélectricité peut être augmentée lorsqu’il y a un plus grand volume d’eau qui passe dans les stations. Toutefois, l’abaissement subséquent du niveau en amont diminue la hauteur de chute à la centrale hydroélectrique, ce qui réduit la quantité d’électricité produite pour un volume d’eau donné. Enfin, des débits extrêmement élevés peuvent dépasser la capacité des installations hydroélectriques, et dans ce cas une partie de l’eau sera détournée de l’équipement de production, et donc non utilisée pour la production d’hydroélectricité.

5.4.2 Lorsque le Conseil augmente le débit sortant du lac Ontario, l’eau en sus est-elle évacuée ou sert-elle tout de même à produire de l’électricité?

La capacité de production du barrage Moses-Saunders est d’environ 10 000 m3/s lorsque toutes les turbines sont en service dans des conditions normales d’exploitation. Comme le débit moyen est de 7 000 m3/s, l’eau n’est pas évacuée quand le débit est augmenté, surtout par temps sec, quand le but de l’augmentation est de pallier les bas niveaux en aval. L’eau est turbinée. L’évacuateur de crues au barrage de Long Sault a été utilisé pour la dernière fois en 1998.

5.5 Environnement [retour au début]

5.5.1 Quel est le pouvoir du CICFSL de considérer l’environnement lorsqu’il fixe les débits du lac Ontario?

L’ordonnance de 1956 ne tenait pas compte de l’environnement. Ainsi, le Conseil n’avait pas directement l’autorité d’en tenir compte dans ses délibérations. En 2009, la CMI a demandé au Conseil de tenir compte de l’environnement dans le contexte de l’ordonnance existante. Le Conseil a déterminé qu’il ne peut pas faire beaucoup pour améliorer l’environnement du lac Ontario au moyen de son pouvoir de dérogation, mais que certaines améliorations limitées pourraient être atteintes dans le fleuve Saint-Laurent dans des circonstances spécifiques.

 5.5.2 La régularisation, en raison de la réduction des épisodes de niveaux d’eau extrêmement élevés ou extrêmement bas dans le lac Ontario, a-t-elle nui aux milieux humides?

Oui, l’Étude internationale sur le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent a conclu que la régularisation avait eu des impacts négatifs sur les milieux humides et sur leurs habitats dans le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent. Même si chaque milieu humide est unique, le fait de réduire la plage de fluctuation des niveaux d’eau entraîne généralement une diminution de la superficie des milieux humides et de la diversité de leurs communautés végétales. Le Conseil d’étude concernant les fluctuations de 1993 de la Commission a conclu que la réduction de la plage de fluctuation des niveaux d’eau résultant de la régularisation avait nui à l’étendue et à la diversité des milieux humides du lac Ontario. Le Conseil a également conclu que la modification des fluctuations naturelles des niveaux d’eau dans le lac Ontario a facilité l’implantation d’espèces végétales indésirables dans les milieux humides et a restreint leur capacité de pourvoir aux besoins des poissons et des autres espèces sauvages pendant l’hiver. De plus, les impacts environnementaux de la régularisation des débits sur les habitats des milieux humides et du poisson dans les secteurs en aval du fleuve suscitent également des préoccupations. Des données plus précises sur tous ces impacts sont fournies dans l’Étude sur le lac Ontario et le fleuve Saint- Laurent produite pour la CMI (2000 à 2006).

5.5.3 De quelle façon la régularisation a-t-elle modifié l’environnement en amont des installations de Massena et de Cornwall?

La construction du barrage à Massena et Cornwall a créé le lac St. Lawrence, juste en amont, ce qui a transformé une partie du fleuve en un lac. Ce changement a apporté des modifications physiques, chimiques et biologiques. L’utilisation du chenal par les navires suscite aussi des préoccupations quant aux impacts sur l’environnement.

5.5.4 De quelle façon la régularisation a-t-elle nui à l’environnement en aval du barrage?

La régularisation a réduit les occurrences et, peut-être de façon plus importante, la durée des épisodes de niveaux d’eau extrêmement élevés ou extrêmement bas dans le fleuve, en aval. Ces modifications peuvent avoir eu des impacts à la fois sur les milieux humides et sur l’habitat du poisson. Des données plus précises sur tous ces impacts sont fournies dans l’Étude sur le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent produite pour la CMI (2000 à 2006).

5.6 Propriétaires riverains [retour au début]

5.6.1 Quels facteurs influent sur l’inondation et l’érosion des zones riveraines?

Les principaux facteurs qui influent sur les taux d’érosion à long terme comprennent les matériaux et la structure des rives, les modes à long terme de transport des sédiments le long des rives, et les niveaux d’eau. Ces facteurs sont responsables de l’érosion depuis la dernière période glaciaire et ils continueront de causer l’érosion dans l’avenir.

Les vents forts causent une importante érosion sur de courtes périodes. Lorsque les niveaux d’eau sont élevés, les vagues induites par le vent peuvent causer une érosion importante en peu de temps qui, autrement, se serait produite plus tard ou plus lentement. Les niveaux élevés peuvent aussi diriger l’énergie des vagues vers les ouvrages de protection contre l’érosion, ce qui les endommage parfois. Lorsque les niveaux d’eau sont extrêmement élevés, les vagues peuvent aussi atteindre directement les habitations et les autres ouvrages près de la rive et les endommager. Les niveaux élevés peuvent aussi entraîner l’inondation localisée des routes et d’autres installations publiques, et causer des dommages aux propriétés privées ainsi qu’aux installations des réseaux publics d’eau et d’égout. L’Étude sur le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent a constaté que les dommages aux propriétés riveraines et aux ouvrages de protection des rives augmentent avec l’élévation des niveaux d’eau moyens dans le lac Ontario. Même si le taux de recul à long terme ne semble pas dépendre des fluctuations des niveaux d’eau dans certaines zones riveraines des Grands Lacs, dans d’autres zones, ces fluctuations influent sur le taux de recul à long terme. Les fluctuations des niveaux d’eau peuvent aussi permettre au sable de se redéposer sur les berges et permettre aux dunes de sable de se reconstituer. Des données plus précises sur tous ces impacts sont fournies dans l’Étude sur le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent produite pour la CMI (2000 à 2006).

5.6.2 Quels ont été les avantages de la régularisation du lac Ontario pour les propriétaires riverains du fleuve Saint-Laurent?

La gestion en temps opportun des débits du lac Ontario a permis d’éviter les niveaux d’eau extrêmement élevés et les inondations dans la région de Montréal. La régularisation des débits du lac Ontario a aussi grandement réduit les occurrences d’embâcles dans le fleuve, autant en amont qu’en aval de Cornwall et de Massena, ce qui a réduit les inondations et les dommages aux rives souvent associés à ces événements. Enfin, la construction de la Voie maritime du Saint-Laurent et du barrage hydroélectrique a créé les conditions qui ont permis l’établissement et l’expansion de la navigation de plaisance dans beaucoup de secteurs du fleuve Saint-Laurent. La navigation de plaisance est devenue possible grâce à l’élimination des rapides, à la création du lac St. Lawrence juste en amont du barrage et à la stabilisation des débits et des niveaux d’eau du fleuve.

5.6.3 Existe-t-il d’autres moyens que la régularisation des niveaux d’eau pour résoudre les problèmes d’inondation et d’érosion? [retour au début]

Même si les ouvrages de protection des rives peuvent être efficaces dans certaines circonstances, la meilleure façon de résoudre les problèmes d’inondation et d’érosion est la gestion efficace des rives. La gestion des rives relève principalement des gouvernements locaux, étatiques ou provinciaux. Les règlements du Department of Environmental Conservation de l’État de New York (NYSDEC), pris en vertu de la loi Coastal Erosion Hazard Act de l’État de New York, prévoient la mise en oeuvre de plusieurs mesures pour réduire les inondations et les pertes par érosion le long des rives du lac Ontario. Les provinces de l’Ontario et du Québec s’attaquent aux problèmes d’inondation et d’érosion au moyen de mesures de gestion des plaines inondables qui prévoient des servitudes d’inondation et des zones de restrictions pour la construction le long des rives.

Les mesures appliquées par le NYSDEC et les provinces de l’Ontario et du Québec et qui se sont avérées efficaces comprennent :

  • pour les nouveaux ouvrages, des marges de protection contre les inondations et l’érosion qui tiennent compte des taux de recul à long terme;
  • l’interdiction d’enlever ou d’endommager les éléments naturels de protection des rives, comme les falaises et les dunes;
  • l’interdiction d’ériger des constructions ou des ouvrages à l’intérieur des zones à risque d’inondation;
  • la relocalisation des ouvrages à risque;
  • l’exigence de déclarer les biens immobiliers dans les zones à risque;
  • l’acquisition de terrains non aménagés à risque élevé;
  • des restrictions pour la construction dans les plaines inondables;
  • l’achat de servitudes d’inondation dans les plaines inondables.

5.6.4 Que puis-je faire, en tant que propriétaire, pour me protéger contre les dommages causés à ma propriété par les niveaux d’eau élevés? Que peut faire le Conseil pour m’aider?

Les propriétaires qui construisent doivent savoir que les niveaux d’eau fluctuent et ils doivent connaître les extrêmes qui peuvent se produire à leur emplacement. Le Conseil recommande vivement à tous les intéressés de se préparer à tolérer toute la plage des niveaux. Le Conseil s’efforce de maintenir les niveaux mensuels moyens du lac Ontario entre la limite supérieure de 75,37 m (247,3 pi) et la limite inférieure (d’avril à décembre) de 74,15 m (243,3 pi) précisées par l’ordonnance d’approbation. Les propriétaires doivent s’informer de la zone touchée par les hauts niveaux d’eau et de la zone d’influence des vents, et construire en conséquence. Certains ouvrages, comme des brise- lames et des enrochements, peuvent assurer une protection contre l’action des vents forts s’ils sont adéquatement construits. La construction des habitations doit respecter une marge de retrait adéquate pour éviter les dommages causés par les inondations et l’érosion dans l’avenir. Le Conseil annonce à chaque semaine les niveaux d’eau et les débits hebdomadaires par téléphone et par courriel; on peut s’inscrire pour recevoir les bulletins par courriel ou appeler le numéro 1-800. Le site Web du Conseil donne aussi des directives sur sa page Publications. [hyperlien]

5.7 Navigation de plaisance [retour au début]

5.7.1 À part la régularisation des niveaux d’eau, y a-t-il d’autres mesures qui peuvent profiter aux plaisanciers?

Les plaisanciers rapportent des problèmes de navigation à différents endroits sur le lac et sur le fleuve, même lorsque les niveaux et les débits sont à l’intérieur de la plage précisée dans l’ordonnance. Par exemple, un quai privé ou une marina qui a été construit lorsque le niveau de l’eau était élevé peut ne pas être complètement utilisable lorsque le niveau d’eau baisse. Une solution est d’implanter et de concevoir les nouvelles installations pour la navigation de plaisance, et d’entretenir les installations existantes, en tenant compte de toute la plage des niveaux d’eau et des débits, définie dans l’ordonnance d’approbation pour le lac Ontario et qui se sont déjà produits dans le fleuve Saint- Laurent. Ces installations devraient probablement être dotées de rampes de mise à l’eau plus longues et de quais flottants (plutôt que fixes), et il faut investir les fonds nécessaires et obtenir les permis requis pour effectuer un dragage d’entretien périodique, au besoin, pour permettre l’utilisation prévue des installations. De plus, il faut savoir que certains secteurs sont peu profonds et qu’on ne peut y aménager de quais pour de grandes embarcations de plaisance. De plus, les plaisanciers doivent consulter les cartes de navigation pendant les périodes de bas niveaux d’eau, même dans les eaux qu’ils connaissent bien.