Il faut un village entier pour s’adapter aux changements climatiques!

Par Kevin Bunch, CMI

La couverture de glace, comme cette plaque sur le lac Supérieur, suit une une tendance à la baisse à cause des hivers doux depuis les années 1970, passant d’une moyenne à long terme de 60 % pour la couverture maximale en 1975, à près de 40 % en 2015. Cette situation pourrait entraîner de nouveaux défis liés aux changements climatiques pour les collectivités qui cherchent à s’y adapter. Mention de source : Sharon Mollerus

L’adaptation aux changements climatiques constitue un grand défi pour la région des Grands Lacs, ainsi que pour les scientifiques, les représentants officiels et d’autres dirigeants qui travaillent ensemble à échanger des idées et communiquer leurs expériences concernant la façon de s’y adapter.

Un réseau de collaboration s’est établi entre les participants du Programme des sciences et des évaluations intégrées des Grands Lacs [Great Lakes Integrated Sciences + Assessments program (GLISA)], qui comprennent la Michigan State University, l’Université du Michigan, la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis, le Northeast Climate Science Center et le Midwest Regional Climate Center.

« Un grand nombre d’excellent travaux sont réalisés dans l’ensemble de la région des Grands Lacs, à l’échelle des États et des régions » signale Jenna Jorns, gestionnaire de programmes de GLISA. Pour aller de l’avant, nous avons besoin de poursuivre notre collaboration et de tirer parti des forces de chacune des organisations en faisant progresser tous nos projets ensemble ».

En 2016, les représentants du programme GLISA ont organisé un deuxième forum biannuel, le Forum sur l’adaptation dans la région des Grands Lacs pour donner l’occasion aux personnes de se réunir et de réfléchir ensemble sur leurs travaux et leurs stratégies. Cent-cinquante (150) participants inscrits se sont réunis lors de cet événement, provenant des États-Unis et du Canada et représentant des universités, des organismes sans but lucratif, des Premières Nations et des conseils tribaux, des organismes fédéraux, ainsi que des États et des administrations locales.

Le climat s’est réchauffé dans la région des Grands Lacs au cours des dernières décennies, et ce réchauffement s’est produit relativement plus souvent au cours des temps les plus froids de l’année, mentionne Jeff Andresen, codirecteur du programme GLISA. Bien que tous les modèles climatiques ne s’entendent pas sur la question de savoir si l’ensemble de la région deviendra plus humide ou plus sèche, Anderson mentionne que la majorité des modèles semblent plutôt indiquer des précipitations annuelles plus abondantes à l’avenir, et que la majorité de ces précipitations additionnelles pourraient survenir durant les mois d’hiver et lors d’événements extrêmes. Ces conditions peuvent avoir des répercussions sur la gestion de l’eau, les entreprises et les ressources naturelles.

Comme les prévisions et les tendances du climat changent continuellement, Andresen signale qu’il est encore plus compliqué pour les responsables de la planification des infrastructures de savoir à quoi s’attendre. Comme ces représentants officiels doivent planifier selon des échéanciers prolongés, les changements climatiques introduisent une nouvelle variable qui complique la planification. Par exemple, certaines collectivités de la région des Grands Lacs continuent d’utiliser des égouts unitaires, qui acheminent des eaux usées et des eaux pluviales. Ces conduits doivent être construits de façon à pouvoir contenir les apports d’eau à des intervalles récurrents donnés – comme une tempête qui se produit en moyenne tous les 50 ans ou tous les 100 ans – mais à cause des changements climatiques, les conduits seraient exposés à des tempêtes plus violentes et ce, plus fréquemment.

Selon Alex Bryan, climatologue, boursier de recherche postdoctorale et chercheur au Northeast Climate Science Center, l’interaction unique entre les Grands Lacs et l’atmosphère a son propre effet sur le climat de la région – comme en témoignent les « tempêtes de neige expliquées par l’effet de lac ». Avec la fonte de la couverture de glace causée par le réchauffement des températures, les eaux plus chaudes et plus ouvertes pourraient contribuer à une augmentation des précipitations dues à l’effet de lac, mentionne Bryan – potentiellement sous la forme de pluies due à l’effet de lac.

Même si le prochain Forum sur l’adaptation dans la région des Grands Lacs n’aura pas lieu avant 2018, Bryan fait savoir que l’événement est coordonné avec le National Adaptation Forum (Forum national sur l’adaptation), qui aura lieu à Saint- Paul, au Minnesota, du 9 au 11 mai 2017. Entre-temps, les leçons tirées du forum de 2016 aident les collectivités à travailler ensemble pour trouver des ressources et renforcer les mesures d’adaptation aux États-Unis et au Canada.

Kevin Bunch est un rédacteur spécialiste des communications au bureau de la section États-Unis de la Commission mixte internationale à Washington, D.C.

Note de la rédaction : Cet article a été mis à jour le 30 mars, 2017, pour corriger les dates du Forum national sur l’adaptation.

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