Appel aux commentaires au sujet des objectifs en matière de nutriments pour protéger la rivière Rouge et remédier aux proliférations d’algues dans le lac Winnipeg

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Kevin Bunch
20 février 2020
red river flows

Le lac Winnipeg souffre de proliférations d’algues nuisibles causées par l’excès de nutriments, et les travaux des organismes provinciaux et la modélisation effectuée par la CMI elle-même suggèrent qu’une partie importante de ces éléments nutritifs provient de la rivière Rouge, qui coule des États-Unis vers le Canada.

Un rapport financé par la CMI affiché (en anglais seulement) dans le cadre d’une période de commentaires publics en ligne jusqu’au 28 février, propose des objectifs précis en matière de concentration et de charge de nutriments dans la région transfrontalière de la rivière Rouge qui, sous réserve d’être acceptés par les gouvernements du Canada et des États-Unis, contribueraient à réduire l’étendue de ces proliférations nuisibles dans le lac tout en protégeant la rivière par la même occasion.

Le lac Winnipeg et d’autres lacs du bassin international de la rivière Rouge connaissent des proliférations d’algues qui ont une incidence négative sur l’écologie et la santé des réseaux hydrographiques.

Ces efflorescences algales peuvent gâcher l’eau potable, endommager les plages, réduire la valeur des propriétés et nuire aux poissons et à la vie aquatique. Certaines algues, appelées algues bleues ou cyanobactéries, produisent des toxines qui peuvent être dangereuses pour les humains, le bétail et les animaux de compagnie, sans parler des effets négatifs sur l’économie, car elles dissuadent les touristes et peuvent réduire la productivité des pêches commerciales et récréatives.

Étant donné que certains affluents du lac Winnipeg (en l’occurrence, la rivière Rouge) se trouvent en partie aux États-Unis, il faut une coopération binationale pour maîtriser ce problème.

Suivi de la qualité de l’eau

Le Conseil de la rivière Rouge de la CMI et ses précurseurs surveillent la qualité de l’eau à la frontière canado-américaine depuis 1969, tandis que les organismes provinciaux, étatiques et fédéraux recueillent des données sur la qualité de l’eau à de nombreux points au Dakota du Nord, au Minnesota et au Manitoba.

C’est la première fois que le Conseil propose des cibles pour la teneur en nutriments à la frontière, a déclaré Jim Ziegler, membre du Conseil et gestionnaire régional de la Minnesota Pollution Control Agency (MPCA). Les cibles sont des valeurs à la hausse des concentrations de phosphore et d’azote qui peuvent pénétrer dans les cours d’eau à partir de sources comme les terres agricoles et les réseaux d’égouts afin de limiter la croissance des algues et d’améliorer la qualité de l’eau.

« Pour que le bassin international de la rivière Rouge puisse régler ce problème (celui des nutriments), nous devons nous faire une idée de la provenance des contributions à partir des différentes administrations », a déclaré M. Ziegler.

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Efflorescences algales dominant le rivage du lac Winnipeg à la mi-juillet 2018. Source : Lake Winnipeg Research Consortium/NASA

Dans cette optique, la CMI a appuyé une étude, terminée en 2016, visant à déterminer les objectifs en matière de nutriments dans le cadre de l’Initiative internationale sur les bassins hydrographiques (IIBH) de la CMI, d’une valeur totale de 250 000 $, qui est financée conjointement par les deux gouvernements fédéraux. L’étude comprenait une aide financière et en nature supplémentaire de l’US Geological Survey, d’Environnement et Changement climatique Canada, de la MPCA, du Département de la Santé du Dakota du Nord, de Développement durable Manitoba et du Buffalo Red River Watershed District.

L’étude a consisté à utiliser des données sur la qualité de l’eau recueillies auprès des deux gouvernements, des États et de la province pour créer un modèle qui examine la relation entre la teneur en nutriments et son incidence sur l’écosystème aquatique du bassin de la rivière Rouge. Les premiers contrats pour les travaux ont été adjugés il y a environ sept ans, a dit M. Ziegler, bien que les discussions initiales remontent à une dizaine d’années.

Un examen par les pairs des résultats de l’étude de 2016 s’est achevé en 2018, a-t-il précisé. Le Conseil a fait parvenir un rapport révisé à la CMI en décembre 2019, que la Commission a affiché sur son site Web (en anglais seulement).

Le rapport propose qu’à la frontière, le phosphore total et l’azote dans l’eau soient limités à 0,15 milligramme par litre (0,15 partie par million) et à 1,15 mg/l (1,15 ppm), respectivement. Les cibles de charge annuelles – essentiellement la quantité de ces nutriments qui peut pénétrer dans le réseau hydrographique par la frontière internationale chaque année – s’élèvent à 1 400 tonnes pour le phosphore et à 9 525 tonnes pour l’azote.

Une audience publique sur l’ébauche du rapport a eu lieu le 16 janvier à Fargo, une deuxième s’étant déroulée le 12 février à Winnipeg. 

Après la date limite du 28 février pour les commentaires du public, la CMI examinera les commentaires et envisagera toute révision des objectifs recommandés qui pourrait s’avérer nécessaire avant de transmetttre l’information aux gouvernements du Canada et des États-Unis. Les cibles recommandées par la Commission ne sont pas contraignantes; il appartient aux gouvernements de décider si, quand et comment les mettre en œuvre.

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Kevin Bunch

Kevin Bunch is a writer-communications specialist at the IJC’s US Section office in Washington, D.C.