Cadre d’orientation pour aider les conseils de la Commission mixte internationale (CMI) à se préparer aux changements climatiques

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Kevin Bunch
18 mai 2022
st stephens new brunswick

Selon un récent rapport de la Commission mixte internationale (CMI), plusieurs conseils de la CMI cherchent à déterminer quels seront les effets des changements climatiques sur les activités de la CMI dans les prochaines décennies. Selon la région géographique de ces conseils et le mandat de chacun, les activités éventuellement visées seront la supervision de l’exploitation des barrages, la surveillance de la qualité de l’eau et de la santé de l’écosystème aquatique, ainsi que l’étude des solutions envisageables pour atténuer les crues et les étiages extrêmes.

Le Rapport sur les faits saillants du Cadre d'orientation sur les changements climatiques de la CMI souligne les mesures prises dans les bassins hydrographiques transfrontaliers pour mieux comprendre les répercussions régionales des changements climatiques, ce qui s’entend du lac Osoyoos, de la rivière Sainte-Croix, du lac Champlain et de la rivière Richelieu, de la rivière Souris, des rivières St. Mary et Milk et du bassin versant du lac des Bois et de la rivière à la Pluie. Les conseils actifs dans chacun de ces bassins hydrographiques en sont à différentes étapes de suivi du Cadre, comme l’indique le rapport.

Dans son rapport d’août 2021, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies a encouragé les gouvernements et les gestionnaires à faire davantage pour s’adapter aux changements climatiques. Les travaux de la CMI font réponse à ces constatations depuis plusieurs années. En 2017, la Commission a élaboré son Cadre d'orientation sur les changements climatiques, qui établit un processus en quatre étapes pour permettre à chaque conseil de déterminer en quoi ses responsabilités peuvent être touchées.

Ces étapes consistent à organiser, analyser, agir et mettre à jour.

« Organiser » signifie que chaque conseil formule ses objectifs par rapport au climat et évalue l’information nécessaire pour déterminer si ses fonctions pourraient être touchées. « Analyser » consiste à recueillir de l’information et à l’examiner pour répondre à ces questions, tandis qu’agir consiste à adapter la façon dont un conseil s’acquittera de ses obligations à l’avenir. Enfin, on s’attend à ce que les conseils mettent à jour périodiquement leurs évaluations des changements climatiques à mesure qu’ils seront saisis de nouveaux renseignements et de nouvelles conditions.

Le  Conseil international du bassin de la rivière Sainte-Croix a servi de site pilote pour le processus d’application du Cadre en 2018. À l’époque, le Conseil avait conclu que les impacts des changements climatiques entraîneraient probablement des conditions d’étiage plus fréquentes dans le bassin versant, ce qui pourrait nécessiter des modifications aux lignes directrices actuelles sur la gestion du débit afin de continuer à satisfaire aux exigences en la matière établies par les gouvernements.

Dans les années qui ont suivi, les principes du Cadre ont été appliqués lors de l’examen des risques d’inondation et des mesures d’atténuation par le Groupe d'étude international du lac Champlain et de la rivière Richelieu. Les solutions proposées par le Groupe d’étude ont été évaluées en regard du Cadre afin de déterminer comment elles pourraient permettre de résister aux futures crues causées par les changements climatiques.

De même, le Comité de gestion adaptative des Grands Lacs et de la rivière Saint-Laurent a appliqué les principes du Cadre lors de son examen accéléré du Plan 2014 dans la formulation de ses conseils sur la façon de réagir à la fluctuation des apports dans le lac Ontario et de son débit sortant. Le Comité a appliqué ces principes pour définir en quoi le plan de régularisation qu’il recommande permettrait de composer avec de futures conditions météorologiques extrêmes.

En dehors de ces études, le Conseil international de contrôle du lac Osoyoos applique le Cadre pour simuler des modèles de débit d’eau dans le réseau, au vue de diverses conditions climatiques.

Les agents régulateurs des rivières St. Mary et Milk examinent les principes du Cadre pour cerner l’impact des changements climatiques sur la répartition du débit entre le Canada et les États-Unis, et pour établir les changements administratifs ou structurels à apporter afin de continuer à travailler dans le sens des objectifs de répartition du débit établis par les deux pays. Le Groupe d’étude international des rivières St. Mary et Milk examine plus en détail ces questions de répartition, notamment sous l’angle du climat.

Enfin, le Conseil international du bassin du lac des Bois et de la rivière à la Pluie élabore un plan en vue d’appliquer le Cadre dans sa région.

Le Cadre d’orientation sur les changements climatiques a été mis au point dans le contexte de l’Initiative internationale sur les bassins hydrographiques de la CMI, qui appuie une approche globale portant sur tous les aspects de la gestion d’un bassin versant et qui vise à obtenir le soutien et la contribution des collectivités touchées afin de trouver des solutions avant que des problèmes ou des différends majeurs ne surviennent.

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Kevin Bunch

Kevin Bunch is a writer-communications specialist at the IJC’s US Section office in Washington, D.C.