FishPass : Un projet novateur qui favorise le passage des poissons voulus tout en bloquant les espèces envahissantes

09 septembre 2019
fp construction

La construction de FishPass pourrait débuter dès 2020. Il s’agit de la première passe sélective de poissons en son genre qui sera construite dans la rivière Boardman, en plein centre-ville de Traverse City (Michigan).

FishPass est le point culminant d’un projet de restauration de la rivière qui s’étend sur une période de 20 ans. Il remplacera le barrage de la rue Union, qui se détériore, tout en résolvant l’un des plus grands défis mondiaux de la gestion des pêches : comment permettre aux espèces de poissons voulues de contourner barrières et barrages tout en bloquant les espèces nuisibles comme la lamproie marine.

Plus tôt cette année, la Commission des pêcheries des Grands Lacs a dévoilé les dernières épures du projet. C’est le point culminant des travaux d’un groupe composé de plus de 50 experts dans les domaines des passes à poissons, du comportement des poissons et de l’écologie, ainsi que d’ingénieurs et d’hydrologues. La participation de la collectivité et des intervenants s’est aussi avérée cruciale.

FishPass se composera d’un labyrinthe attrayant et inédit destiné à bloquer la lamproie marine et d’autres espèces de poissons envahissantes. En aval de la ville, il séparera la rivière en un canal de tri des poissons, où l’on effectuera la mise à l’essai de techniques et de technologies comme des barrières d’eau rapide, des conduits de lumière, la reconnaissance de formes par vidéo, des pièges de type échelle à anguilles, et un canal fluvial naturel où la rivière passera à son débit normal, ce qui favorisera les activités récréatives. On aménagera tout autour de ce système un beau parc urbain doté d’un centre de recherche et de technologie de calibre mondial.

La CMI a fait visiter ce projet aux participants de sa récente réunion publique sur la qualité de l’eau des Grands Lacs.[Ed1] 

Les barrages sont-ils utiles ou nocifs?

Les barrages et les barrières sont souvent considérés comme des structures qui agrémentent le paysage parce qu’elles produisent de l’électricité, favorisent les activités récréatives et préviennent la transmission de contaminants et de maladies en amont dans le système aquatique. Ces mêmes ouvrages bloquent les espèces envahissantes comme la lamproie marine, ce qui est d’une importance capitale pour la Commission des pêches.

Cependant, les barrages entravent aussi souvent le fonctionnement de l’écosystème en réduisant la richesse des espèces, en fragmentant les habitats et en nuisant aux déplacements des animaux. Les activités d’élimination des barrages et des obstacles à la connectivité aquatique ont donc pris beaucoup d’ampleur au cours de ces dix dernières années. La Commission des pêches a toujours soutenu que l’élimination des barrières qui servent à bloquer les lamproies marines (chaque lamproie détruit 40 livres de poisson), ne peut se faire sans avoir des effets dévastateurs sur les pêcheries des Grands Lacs.

La tension entre l’amélioration de la connectivité aquatique et l’utilisation de barrages pour la gestion des espèces envahissantes est l’un des plus grands problèmes auxquels on ait affaire dans le cas des Grands Lacs. Outre les opérations de piégeage et de tri qui nécessitent une forte main-d’œuvre, on n’a toujours pas trouvé de solution pour éliminer les poissons envahissants tout en favorisant la remontée des espèces désirables. Faut‑il renoncer? Les promoteurs de FishPass ne le pensent pas. Ils sont sûrs de parvenir à développer une technologie permettant de trier automatiquement les poissons afin que les espèces voulues franchissent les obstacles destinés à bloquer les espèces destructrices comme la lamproie marine.

Les activités de recherche de FishPass seront coordonnées par un comité consultatif composé de représentants d’organismes comme le Michigan Department of Natural Resources, le US Army Corps of Engineers, la Commission des pêcheries des Grands Lacs, la Ville de Traverse City, la bande de Grand Traverse of Ottawa et Chippewa Indians, le US Fish and Wildlife Service, l’US Geological Survey, Pêches et Océans Canada, le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario ainsi que d’établissements universitaires collaborateurs.

Une fois que sa technologie sera en mesure d’effectuer le tri bidirectionnel des poissons (en amont et en aval) – un objectif à terme d’une dizaine d’années – FishPass deviendra une passe migratoire sélective permanente. On appliquera les leçons tirées de sa phase d’optimisation à des cours d’eau semblables afin de construire des passes à poissons sélectives à d’autres endroits. On s’attend à ce que FishPass soit adopté non seulement dans la région et ailleurs au pays, mais aussi dans le monde entier.

Pour en savoir plus sur FishPass, visitez le site Web de la Commission des pêcheries des Grands Lacs.


 [Ed1]Link to Sally’s story