Contexte / Les Enjeux

Un ensemble de données hydrographiques géospatiales numériques renferme de l’information sur les eaux de surface d’une région, y compris ses rivières, ruisseaux, canaux, lacs, étangs, glaciers, barrages et ses côtes ainsi que les limites de ses bassins hydrographiques. Les États‑Unis et le Canada ont chacun élaboré leurs propres ensembles de données hydrographiques en se fondant sur des normes et approches différentes. Du point de vue fédéral et provincial canadien, ces ensembles de données hydrographiques fondamentales sont connus comme le Réseau hydrographique national (RHN) du Canada et la version fonctionnelle des aires de drainage fondamentales (ADF) du Canada. Du point de vue du gouvernement fédéral et des États américains, les ensembles de données géospatiales comprennent le National Hydrography Dataset (NHD) des États-Unis pour les eaux de surface et le Watershed Boundary Dataset (WBD) des États-Unis pour les aires de drainage. Ces ensembles de données nationales s’arrêtaient à la frontière, ce qui empêchait un échange transfrontalier transparent des données et des informations hydrographiques. Les limites cartographiées des rivières, des lacs et des bassins hydrographiques étaient souvent décalées à la frontière internationale, ce qui engendrait une certaine incertitude quant au comportement de l’eau. De plus, les échelles des données, les noms des plans d’eau ainsi que d’autres renseignements qui y sont associés ne concordaient pas.

International Boundary Diagram
Figure 1.0 – Représentation de la frontière internationale entre les États-Unis et le Canada avec les caractéristiques hydrographiques environnantes le long de la frontière.

Les Implications

En raison de ces incohérences hydrographiques, les utilisateurs fédéraux, étatiques, provinciaux, locaux, universitaires et privés en sont arrivés à leurs propres interprétations des cartes des eaux de surface pour la région transfrontalière. De plus, les différences dans la façon dont chaque pays présentait les données ont compliqué l’interprétation ou la mise en correspondance des résultats des études menées de part et d’autre de la frontière sur les questions environnementales et écologiques dans les bassins transfrontaliers. Par exemple, le terme anglais « basin » ne signifie pas la même chose dans le Dakota du Nord qu’au Manitoba. Ce décalage dans la façon dont l’hydrographie est décrite et quantifiée était apparent le long de toute la région frontalière.

L’une des conséquences de ces disparités était qu’une grande partie des aires de drainage était souvent négligée. Les aires de drainage, ou bassins hydrographiques, représentent la zone topographiquement définie du paysage qui s’écoule vers un ou plusieurs exutoires communs. En l’absence d’un ensemble de données uniformes, ces zones ne pouvaient être définies avec précision et s’arrêtaient souvent à la frontière internationale. Les écosystèmes ne respectent pas les frontières politiques, et une bonne compréhension de ces systèmes est essentielle à l’évaluation de questions comme la santé des écosystèmes, les risques d’inondation et de sécheresse ainsi que la gestion des ressources en eau. Il était clair qu’il fallait trouver un moyen d’harmoniser les données sur les bassins hydrographiques de chaque côté de la frontière pour permettre aux organismes qui les surveillent de bien interpréter leur débit et leurs caractéristiques physiques aux États-Unis et au Canada.

 

Rainy River Drainage Basins Before and After
                                                                                  Figure 1.1 – Images du bassin versant de la rivière à la Pluie avant et après la frontière Internationale.