Les contaminants, les changements climatiques, la collaboration et la diffusion de l’information dominent les conversations publiques en juin

08 juillet 2019
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Les inondations ont des répercussions sur l’ensemble des Grands Lacs et elles font, à juste titre, les manchettes des journaux tout autant qu’elles occupent les esprits des riverains. Lors des premières consultations publiques de la CMI en 2019, dont l’objet était d’examiner les progrès réalisés dans la restauration et la protection des lacs, les chercheurs et les résidents ont réaffirmé que les questions de qualité de l’eau doivent également demeurer une priorité.

Au cours de la semaine du 10 juin, l’Association internationale de recherche sur les Grands Lacs (AIRGL) a tenu sa conférence annuelle de recherche au Brockport College de l’Université d’État de New York.

Lors de la première séance de discussion ouverte, d’une série de sept organisées par la CMI le mercredi 12 juin, le commissaire canadien de la CMI, Henry Lickers, a accueilli les participants avec un discours traditionnel d’Action de grâces autochtone. Puis, les participants des différentes séances ont fait part de leurs points de vue sur les progrès réalisés dans la lutte contre les produits chimiques existants et émergents qui sont sources de préoccupations mutuelles, ainsi que sur les éléments nutritifs, les espèces aquatiques envahissantes et les rejets provenant des navires. Ils se sont aussi penchés sur la place des changements climatiques et sur le rôle de la science dans les efforts de restauration des Grands Lacs.

Après que la présidente américaine de la CMI, Jane Corwin, eut prononcé le mot d’ouverture de la dernière séance plénière de l’assemblée publique, Mme Lickers s’est jointe aux membres du Comité consultatif des Grands Lacs de la CMI, Scott Sowa, John Jackson et Deborah Lee, pour participer à une discussion de groupe. Les panélistes ont répondu à des questions qui ont stimulé la rétroaction des participants à la séance de discussion ouverte sur des sujets comme le manque de financement uniforme pour les projets sur la qualité de l’eau et les consultations avec divers intervenants, en particulier les communautés autochtones.

D’autres commentaires ont porté sur les difficultés liées aux courts délais requis pour produire des rapports réguliers sur les Grands Lacs, car des domaines comme les espèces envahissantes et les contaminants chimiques exigent souvent des décennies de recherche pour faire ressortir les changements de tendances à l’échelle des lacs.

La semaine suivante, la CMI a tenu deux activités de consultation publique en marge du Forum public sur les Grands Lacs sur les Grands Lacs, à Milwaukee (Wisconsin). Celui-ci a été organisé conjointement par les gouvernements du Canada et des États-Unis, du 17 au 19 juin, afin de souligner les efforts déployés pour atteindre les buts et les objectifs de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs (AQEGL).

Plus de 140 résidents de la région ont assisté à la réunion de la CMI dans la soirée du 18 juin, où quatre commissaires — le président canadien, Pierre Béland, la présidente américaine, Jane Corwin, et les commissaires américains Robert Sisson et Lance Yohe — ont écouté un groupe d’experts locaux et l’auditoire échanger sur les efforts déployés par la région pour devenir cheffe de file mondiale de la gestion durable des ressources en eau.

La surintendante du service des eaux de Milwaukee, Karen Dettmer, a décrit les efforts déployés par la municipalité pour tester 500 contaminants existants et émergents afin d’assurer la salubrité de l’eau potable, pour moderniser et agrandir les installations de traitement et pour remplacer jusqu’à 1 000 conduites en plomb par année.

Karen Sands, du Milwaukee Metropolitan Sewerage District et du Conseil de la qualité de l’eau des Grands Lacs de la CMI, a décrit les efforts régionaux visant à informer les résidents au sujet des initiatives d’infrastructure verte et à les mobiliser à cet égard, et Brenda Coley, du Milwaukee Water Commons, a mis l’accent sur la sensibilisation de la collectivité et sur la justice environnementale afin d’encourager l’accès à l’eau et la gérance de l’eau.

Les questions et les commentaires du public ont principalement porté sur des sujets d’intérêt local, notamment sur l’autorisation de prélèvements d’eau dans les Grands Lacs pour une nouvelle usine de production par Foxconn dans les environs de Mount Pleasant (Wisconsin), sur la réglementation encadrant le remplacement des conduites en plomb dans les écoles, et sur la nécessité de mettre à jour les programmes scolaires du Wisconsin pour y inclure davantage de matériel sur les Grands Lacs.

Les participants ont également soulevé des préoccupations touchant à l’ensemble du bassin et ont insisté sur l’absence de mobilisation du public et de mesures individuelles pour protéger les Grands Lacs. Les autres préoccupations ont porté sur la prolifération d’algues nuisibles, les changements climatiques et les nouveaux contaminants.

L’après-midi suivant, la CMI a tenu une table ronde pour discuter de quatre questions clés avec plus de 115 participants. Les commissaires, le personnel de la CMI et les membres des conseils des Grands Lacs de la CMI ont ainsi pu recueillir les préoccupations des résidents de la région à propos de la qualité de l’eau des Grands Lacs, de la façon dont les gouvernements s’acquittent de leurs responsabilités en vertu de l’AQEGL, des questions sur lesquelles la CMI devrait se pencher pour contribuer à la restauration des Grands Lacs, et des mesures uniques qui pourraient vraiment permettre d’améliorer la qualité de l’eau. Le 13 juin, les gouvernements ont publié un rapport d’étape des Parties qui décrit les activités récentes menées dans le cadre de l’AQEGL.

Les questions sur le rôle des gouvernements et de la CMI ont fait l’objet d’un consensus relatif. Les participants ont déclaré que le cadre de l’AQEGL est suffisant, mais que les deux pays doivent respecter un ensemble d’échéances et de tâches précises pour encourager la reddition de compte publique. Les participants se sont dit d’avis que la CMI devrait s’engager plus activement auprès d’un éventail de groupes communautaires dans l’ensemble du bassin afin de simplifier la coordination et le partage des ressources, et être plus critique si les deux gouvernements ne se conforment pas aux délais promis.

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  Dans le sens horaire à partir du coin supérieur gauche, le président canadien, Pierre Béland, la présidente américaine, Jane Corwin, le commissaire américain, Rob Sisson, et le commissaire américain, Lance Yohe, discutent avec les participants de la table ronde des principaux enjeux auxquels sont confrontés les lacs. Photo : CMI

Les questions concernant les préoccupations et les mesures à prendre pour aider les lacs ont suscité des réactions plus variées, bien que certains thèmes se soient répétés entre les tables. Les participants ont insisté sur la nécessité de mener des actions de sensibilisation, notamment d’assurer une meilleure éducation au sujet de l’eau et de resserrer la collaboration avec les groupes communautaires pour atteindre les collectivités marginalisées dans le bassin.

Parmi les problèmes récurrents soulevés, mentionnons la prolifération d’algues et les charges en éléments nutritifs, les changements climatiques, l’écart entre préoccupations économiques et préoccupations environnementales, le vieillissement des infrastructures, les plastiques, le lien entre les intérêts en amont et les lacs, les inondations, la justice environnementale et les produits chimiques sources de préoccupations mutuelles.

Les réunions de Milwaukee ont marqué le début des consultations de la CMI sur le thème « Intervenez et prenez la parole pour les Grands Lacs », qui se poursuivront dans toute la région jusqu’au début octobre. Afin de trouver le lieu de la prochaine assemblée publique la plus près de chez vous, visitez le site Web de la CMI pour plus de détails et pour vous inscrire.

Voir aussi : Traverse City, Collingwood et Goderich accueilleront les réunions de la CMI en juillet et en août.