Les résidents du lac Michigan-Huron font part à la CMI de leurs réussites, de leurs défis et de leurs préoccupations

10 septembre 2019
scenes traverse city collingwood goderich

À l’occasion de leurs merveilleuses visites guidées et séances d’information, en juillet et en août, dans le nord du lac Michigan, dans la baie Georgienne et dans le sud du lac Huron, les commissaires ont surtout retenu toute la valeur que les résidents de ces régions accordent aux Grands Lacs. Partout, à Traverse City comme à Petoskey, au Michigan, à Collingwood et à Goderich, en Ontario, ils ont constaté à quel point les résidents sont résolus à protéger et à chérir les ressources en eau douce si importantes pour leur bien-être physique, affectif, économique et spirituel.

Les Tribus, les administrations locales et régionales, les offices de protection de la nature, les fondations, les organismes de conservation, ainsi que d’autres organisations non gouvernementales et les résidents collaborent à la conception et à la mise en œuvre de programmes de restauration et de protection en fonction des besoins particuliers de leurs eaux. Les commissaires utiliseront la mine de renseignements fournis par les résidents, les experts locaux et les dirigeants tribaux pour évaluer les progrès réalisés en vertu de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs. Vous trouverez ci-après un bref résumé de chaque visite. Ne manquez pas de consulter ijc.org/fr cet automne pour visionner les reportages vidéo des assemblées publiques tenues dans chaque collectivité.

Traverse City, Michigan

Le 24 juillet, plus de 18 organisations se sont ralliées pour offrir à la CMI une visite d’une journée mettant en évidence les efforts de collaboration déployés pour protéger la baie Grand Traverse et ses affluents. La visite comprenait la sauvage et pittoresque rivière Boardman, un projet de restauration à Kids Creek, ainsi que des visites à la Inland Seas Educational Association et de terres agricoles protégées grâce à une collaboration entre des organismes de conservation des terres, les nations tribales, des organismes sans but lucratif et des organismes fédéraux et étatiques.

Plus de 300 résidents de la région ont participé à la soirée publique pour exprimer leurs pensées au sujet des lacs qui leur tiennent tellement à cœur. Les personnes qui ont pris la parole à la réunion ont mentionné le plus souvent qu’elles craignent une éventuelle rupture de l’oléoduc et du gazoduc de la ligne 5 qui traversent le lac Michigan au détroit de Mackinac, et qu’il faudrait donc les fermer le plus tôt possible pour éviter un déversement. Parmi les autres questions soulevées, mentionnons : la menace que représentent les espèces envahissantes, et plus particulièrement la carpe asiatique, qui pénètre dans le lac Michigan, les répercussions des changements climatiques, la prévention des dérivations d’eau et le renforcement du Pacte sur les ressources en eau du bassin des Grands Lacs, l’extraction des eaux souterraines par les entreprises, l’érosion des berges, le stockage de déchets nucléaires près des lacs et la prolifération des efflorescences algales dans les Grands Lacs.

Les commissaires ont également pris connaissance des plus de 70 lettres « d’amour adressées aux lacs » d’autant de résidents qui ont tenu à exprimer leur profonde affection pour les Grands Lacs. L’ONG FLOW a présenté une proposition d’étude à réaliser dans les plus brefs délais sur les effets des changements climatiques sur la qualité et la quantité de l’eau afin de stimuler l’action à l’échelon régional régional. Le comité local de planification a formulé pour sa part quatre recommandations sur la façon dont le Canada et les États-Unis peuvent faire des progrès dans le domaine de   restauration et de la protection des lacs :

recommandations

Petoskey, Michigan

Les commissaires ont également rencontré des dirigeants tribaux et des représentants de plusieurs Tribus du Michigan à Petoskey le 25 juillet, sous les auspices des bandes Odawa de Little Traverse Bay. Le contrôle des espèces envahissantes, dont de la lamproie marine, la moule zébrée et quagga, est une préoccupation majeure, particulièrement en ce qui concerne la santé de l’écosystème et une pêche dynamique, tout comme la nécessité de normes uniformes sur les eaux de ballast et la nécessité d’empêcher l’établissement de la carpe asiatique envahissante dans les lacs. Selon Aaron Payment, président du conseil tribal de la tribu Chippewa de Sault Ste. Marie, la rupture de la ligne 5 est un problème urgent qui « mettrait fin à tout jamais à notre mode de vie traditionnel ». La prise de mesures pour atténuer les changements climatiques est perçue comme la plus grande priorité, plutôt que l’adaptation et la résilience. Les commissaires ont exprimé leur désir d’établir une relation continue avec les participants et d’autres nations autochtones et ont reçu plusieurs suggestions sur la façon de poursuivre et d’élargir le dialogue avec les dirigeants autochtones.

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Quelques-uns des participants à la réunion du 25 juillet avec des membres des Tribus du Michigan. Photo : CMI

Collingwood (Ontario)

L’assemblée publique de fin d’après-midi du 6 août a réuni une centaine de personnes de la région de la baie Georgienne. Des experts locaux ont donné des exposés sur les effets des changements climatiques sur la région et les efforts déployés par Georgian Bay Forever pour éliminer le fléau des Phragmites qui envahissent les terres humides et les rivages; des lignes directrices régionales et d’autres mesures visant à réduire le ruissellement des eaux pluviales et les rejets d’eaux usées ou de fosses septiques dans la baie Georgienne; et les efforts déployés par l’industrie agricole dans le cadre de la collaboration pour la réduction du phosphore dans la rivière Thames et des pratiques de gestion exemplaires pour réduire les charges de phosphore dans la baie, le lac Érié et le lac Sainte-Claire.  

Dans le cadre de discussions en petits groupes, les participants ont adressé des remarques aux commissaires et au personnel de la Commission au sujet des problèmes les plus pressants de qualité de l’eau auxquels font face la baie Georgienne et le lac Huron, et de la meilleure façon de les régler. Plusieurs groupes ont déterminé qu’il était essentiel d’éduquer la collectivité, y compris les enfants, pour aider à préserver l’environnement, tandis que d’autres ont évoqué l’impérieuse nécessité de gérer les zones côtières afin de préserver les milieux humides et de contenir l’urbanisation. Selon les participants, des normes et des mesures d’application uniformes sont nécessaires pour les usines de traitement des eaux usées et les fosses septiques de la baie, tout comme une meilleure gestion des eaux pluviales et une utilisation plus modérée de plastiques à usage unique.

Après les séances en petits groupes, les résidents ont fait des déclarations concernant la nécessité de prendre les mesures suivantes : élaborer des plans de gestion côtière qui reflètent la valeur des milieux humides lacustres; éliminer les débordements des égouts unitaires, vérifier et réparer les fosses septiques privées et sanctionner plus rigoureusement les industries qui déversent les eaux usées dans les lacs; élargir la liste des produits chimiques sources de préoccupations mutuelles et accroître les mesures de contrôle et d’élimination; éradiquer l’amour blanc des rivières de l’Ohio et des lacs Érié et Huron, car cette espèce peut détruire les milieux humides en peu de temps; faire le lien entre la quantité et la qualité de l’eau en ce qui concerne les répercussions des inondations sur les terres humides et les systèmes d’épuration des eaux usées et des fosses septiques; créer un conseil de la CMI pour gérer le débit dans les Grands Lacs; tenir des assemblées publiques sur la quantité d’eau; accroître le rôle du Canada dans le Pacte relatif au bassin des Grands Lacs afin d’empêcher d’autres dérivations; et veiller au financement adéquat des offices de protection de la nature.

Goderich (Ontario) 

Plusieurs organismes de la région de Goderich se sont associés pour organiser un programme de visite d’une journée pour la CMI. Les commissaires ont rencontré des experts et des dirigeants locaux qui participent à des programmes de protection des eaux pour le lac Huron et les affluents locaux afin de dégager avec eux les principaux enjeux locaux et les solutions possibles au cours d’une séance en petits groupes dirigée par un animateur. Lors d’une visite en après-midi, le personnel de l’Office de protection de la nature de la vallée Maitland a donné une orientation détaillée sur le lac Huron, un partenariat entre les gouvernements fédéral, provincial et du comté, cinq offices de protection de la nature et trois bureaux de santé publique, afin d’élaborer un plan intégré pour améliorer la qualité de l’eau le long du littoral du lac Huron. La visite comprenait trois arrêts pour illustrer le projet du bassin versant prioritaire de Garvey Glen, l’un des six projets prioritaires du bassin versant, et les efforts déployés par les agriculteurs pour adopter des pratiques durables pour améliorer la santé du sol, la gestion des eaux pluviales rurales et la restauration des plaines inondables, des vallées fluviales et des zones tampons des cours d’eau.

Au cours de l’assemblée publique en soirée, quelque 130 personnes ont écouté des exposés sur la protection des rives du lac Huron par le Lake Huron Centre for Coastal Conservation, les efforts de la Huronview Demonstration Farm pour élaborer des pratiques agricoles efficaces afin d’assurer la santé des sols et l’eau propre qui s’écoule dans le lac, et le programme Healthy Lake Huron. Au cours de la période de questions et de commentaires qui a suivi les exposés, les résidents ont soulevé plusieurs préoccupations, notamment le besoin de financement supplémentaire pour des programmes comme ceux décrits dans les exposés, la capacité de la CMI de formuler des recommandations au sujet du dépôt en profondeur proposé pour les déchets nucléaires dans la péninsule Bruce qui se trouve dans les environs, la façon dont les particuliers peuvent aider à contrôler les Phragmites et la façon de multiplier les programmes visant à sensibiliser les gens à la majesté des eaux.

Duluth, au Minnesota, et Ashland, au Wisconsin seront les prochains arrêts de la CMI dans le cadre de sa série d’assemblées publiques et de consultations qui s’inscrivent dans l’initiative « Intervenez et prenez la parole pour les Grands Lacs ». Vous trouverez un résumé de ces réunions dans le numéro d’octobre de Connexion Grands Lacs. Les commentaires de chacun seront pris en considération lorsque la Commission préparera son prochain rapport d’étape sur les progrès réalisés en vertu de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs.