Les réunions sur le lac Champlain et la rivière Richelieu suscitent l’avis du public sur la gestion des inondations

04 janvier 2019
flooding study meeting in Saint-Jean-sur-Richelieu

Lors de trois réunions publiques qui ont eu lieu du 7 au 9 novembre au Québec ainsi que dans les États de New York et du Vermont, les membres de l’étude binationale sur les inondations du lac Champlain et de la rivière Richelieu ont pu entendre directement les résidents sur des sujets comme les mesures structurelles visant à réduire les inondations, les communications d’urgence, la prévision des inondations et les incidences environnementales.

L’étude aidera la Commission mixte internationale (CMI) à formuler des recommandations à l’intention des gouvernements des États-Unis et du Canada d’ici 2021 sur la façon dont ils peuvent atténuer les pires effets des inondations dans le bassin qui touche les deux États et la province du Québec. Le Groupe d’étude international du lac Champlain et de la rivière Richelieu (GELCRR) a organisé les réunions publiques pour informer les parties intéressées des progrès de ses groupes de travail techniques et pour entendre les commentaires des résidents et des entreprises des régions touchées par les inondations passées.

flooding study meeting in Saint-Jean-sur-Richelieu
Les participants remplissent la salle de réunion de l’événement de l’étude sur les inondations.

Chaque réunion a débuté par une courte animation vidéo expliquant l’hydrologie du bassin, y compris les facteurs clés qui ont influé sur les inondations extrêmes survenues en 2011. Jean-François Cantin et Keith Robinson, coprésidents de l’étude au Canada et aux États-Unis, ont ensuite donné un aperçu de l’orientation de l’étude dans plusieurs domaines, y compris de possibles mesures pour atténuer les inondations futures. Il est intéressant de noter les données qui démontrent une hausse des niveaux d’eau moyens dans le bassin depuis les années 1970. Les coprésidents ont indiqué que l’étude visera à comprendre la façon dont les facteurs comme les interactions humaines et les changements climatiques peuvent contribuer à la hausse des niveaux d'eau. Dans un autre volet de l’étude, on élabore un système binational amélioré de prévision des crues destiné à l’usage des gouvernements, des organismes locaux, des gestionnaires de situations d’urgence et du public.

Les préoccupations particulières exprimées par les participants variaient selon les régions. Par exemple, à la réunion de Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec, une province qui a subi 80 % des dommages causés par les inondations du printemps 2011, on s’est beaucoup intéressé aux moyens de réduire ces impacts – que ce soit par un réservoir gonflable, l’enlèvement des pièges à anguilles obsolètes, des digues et des canaux des usines dans la rivière, le rétablissement de plaines inondables ou l’application de nouveaux règlements de zonage pour empêcher les gens de construire de manière inadéquate dans les zones inondables. Plus de 100 personnes étaient présentes à la réunion. 

local resident Lake Champlain flooding
Un résident de la région fait part de ses préoccupations à Keith Robinson, coprésident américain du GELCRR. Source : CMI

En amont, les participants à la réunion de Whallonsburg, dans l’État de New York, ont discuté de la prévision des inondations et de la meilleure façon de communiquer les urgences dans leurs collectivités rurales, en particulier dans les endroits où les signaux des téléphones cellulaires sont irréguliers et là où les signaux radio et télédiffusés sont faibles. Ils estimaient également que les codes du bâtiment le long du littoral devaient être mieux appliqués et communiqués aux nouveaux résidents ou aux résidents saisonniers. Les membres de l’étude ont été invités à tenir compte des répercussions des affluents du lac Champlain, car ils jouent un rôle important dans les niveaux d’eau du lac et sont sujets aux inondations dues à l’érosion qui peuvent endommager les maisons et les entreprises. Les affluents ne sont pas explicitement inclus dans le renvoi de l’étude.

À Burlington, au Vermont, les participants se sont dits préoccupés par les répercussions écologiques des solutions structurelles, y compris la façon dont l’utilisation d’un réservoir gonflable pour ajuster les débits et réduire les inondations pourrait avoir des répercussions sur les milieux humides et le frai des poissons. Les membres de l’étude ont fait remarquer que c’est quelque chose qu’ils étudient et qu’une analyse d’impact écologique aurait lieu s’ils décidaient de recommander des solutions structurelles. D’autres commentaires ont eu trait aux solutions fondées sur la nature, telles que le rétablissement d’anciennes zones humides et l’amélioration de l’accessibilité et de la rapidité des systèmes d’alerte du public, en particulier ceux liés aux risques d’inondation dus aux fortes chutes de neige et à la fonte subséquente.

Il reste encore beaucoup de travail à faire pour déterminer quelles recommandations permettront de minimiser le plus efficacement possible les impacts des futures inondations. Les commentaires reçus lors de cette ronde de réunions publiques serviront à peaufiner davantage les analyses et les solutions potentielles que le conseil recommandera ultimement aux gouvernements du Canada et des États-Unis à l’automne 2021. Une autre série de réunions publiques aura lieu en 2019, car il s’agit là d’importantes occasions d’établir une compréhension commune des enjeux et des solutions. Restez en contact et participez – visitez la page Web de l’étude et abonnez-vous aux mises à jour.

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Les participants à la réunion de Burlington, au Vermont, assistent à une présentation de Keith Robinson.