L’étude des rivières St. Mary et Milk progresse

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Kevin Bunch
Diana Moczula
IJC
18 mai 2022
milk river montana

Après la nomination par la CMI de ses six membres en novembre 2021, le Groupe d’étude internationale des rivières St. Mary et Milk a travaillé d’arrache-pied pour lancer l’étude. Il a élaboré son plan de travail et mis sur pied des groupes consultatifs et techniques.

Depuis des siècles, le bassin versant des rivières St. Mary et Milk soutient les populations, le milieu naturel et les animaux de la région. Ces rivières, qui prennent naissance au Montana, s’écoulent d’abord vers le nord, elles traversent le territoire des Amskapi Piikani (Pieds Noirs) et passent en Alberta. La rivière Milk retourne au Montana en franchissant la frontière internationale à environ 40 km (25 mi.) à l’ouest de la limite entre l’Alberta et la Saskatchewan. Les affluents est de la rivière Milk drainent aussi la pointe sud-ouest de la Saskatchewan.

Les rivières sont reliées entre elles par le canal St. Mary, également situé sur le territoire des Amskapi Piikani. La rivière Sainte-Marie coule régulièrement tout au long de l’année, tandis que, pendant les mois d’été, le débit de la rivière Milk dépend des précipitations. Le canal permet à l’eau de la rivière St. Mary de se déverser en partie dans la rivière Milk, fournissant ainsi de l’eau supplémentaire pour l’irrigation, ainsi que pour combler les besoins municipaux et environnementaux.

Les deux rivières sont des sources vitales d’eau pour les irrigants et les collectivités situées au Canada et aux États-Unis. Les eaux sont réparties entre les deux pays selon les formules établies dans le Traité des eaux limitrophes de 1909 et dans une ordonnance de la CMI de 1921.

Les conditions dans le bassin ont évidemment changé au cours des 100 dernières années. Une grande partie des infrastructures construites au début des années 1900 pour stocker et déplacer l’eau porte le poids des années. Les changements climatiques commencent à se faire sentir, de la variation du régime de précipitations au changement de la saison de croissance. Et puis, en un siècle, on a assisté à une augmentation de la demande d’eau à cause de la croissance démographique dans le bassin. Les agents régulateurs (deux personnes chargées par les gouvernements de mesurer et de documenter la répartition) ont reconnu l’incidence de ces conditions changeantes et recommandé que la CMI étudie des façons d’améliorer la situation.

En juin 2021, les gouvernements du Canada et des États-Unis ont appuyé le projet de la CMI de lancer une étude des rivières St. Mary et Milk. Celle-ci, qui durera quatre ans, consistera à explorer les options d’amélioration de l’accès aux eaux partagées et envisagera des solutions de nature structurelle et non structurelle. Les changements climatiques et d’autres problèmes de répartition des eaux apparus au cours du siècle dernier feront partie de l’étude. Les recommandations du Groupe d’étude seront présentées à la CMI à la fin du travail, puis la CMI mettra la dernière main aux recommandations et les enverra accompagnées des résultats de l’étude aux gouvernements en vue d’une décision finale.

Les membres du Groupe d’étude, au nombre de six, ont été nommés par les commissaires de la CMI. Il s’agit de professionnels hautement expérimentés dans le domaine des ressources hydriques, dont trois représentent le Canada et trois les États-Unis. Ces six personnes ont été choisies en raison de leurs connaissances et de leur capacité à fournir des conseils scientifiques impartiaux à propos du bassin, forts de leurs antécédents dans les domaines des politiques concernant les eaux, de l’hydrologie, de la recherche en milieu universitaire et de la gestion de l’irrigation.

Le Groupe d’étude est coprésidé par les deux agents régulateurs des rivières St. Mary et Milk, John Kilpatrick et Alain Pietroniro, qui connaissent tous deux les techniques de mesure et de répartition des eaux dans le bassin. Sue Lowry et Mark Anderson sont Américains, tandis que Dena McMartin et Laurie Tollefson sont Canadiennes. Malcolm Conly et Joanna Thamke, représentants sur le terrain auprès des agents régulateurs des rivières St. Mary et Milk, sont coprésidents suppléants.

« Les coprésidents sont extrêmement enthousiasmés par les perspectives de cette étude et par l’excellence des membres du Groupe d’étude, devait déclarer M. Pietroniro. « Nous sommes vraiment heureux de pouvoir compter sur l’aide d’éminents universitaires et praticiens pour réaliser cette étude très importante de la CMI, et nous avons hâte de travailler en étroite collaboration avec eux au cours des prochaines années. »

Le Groupe d’étude sera appuyé par plusieurs comités techniques et groupes consultatifs. À tout le moins, il y aura : un forum gouvernemental, un groupe consultatif public, un groupe consultatif autochtone, un groupe d’examen indépendant, un groupe d’élaboration et d’évaluation des options et divers groupes de travail techniques. Deux agents de liaison spéciaux du groupe d’étude, John Tubbs et Frederick Wrona (Ph D), ont également été nommés pour faciliter le travail du forum gouvernemental.

Le Groupe d’étude vise à faire participer le public et les peuples autochtones dans toute la mesure du possible, tout en cherchant des solutions mutuellement avantageuses pour le Canada et les États-Unis. Le Groupe d’étude s’est engagé à mener des activités suivies de sensibilisation et de communication. Un effort tout particulier sera déployé pour solliciter et intégrer le savoir et les compétences autochtones.

Le Groupe d’étude est encore en train d’élaborer son plan de travail, mais il est déjà évident qu’il faudra élaborer des modèles hydrologiques poussés et effectué diverses analyses historiques, écologiques et socioéconomiques. La modélisation sera axée sur les changements d’infrastructures et de procédures administratives et elle devra prévoir les options possibles dans diverses conditions climatiques. L’analyse historique portera en grande partie sur l’irrigation ainsi que sur la disponibilité et la répartition des eaux dans le bassin versant, tout en examinant les réponses et les mesures d’atténuation adoptées par les utilisateurs d’eau pendant les périodes de sécheresse ou de disponibilité limitée de l’eau. L’analyse socioéconomique consistera à évaluer les effets sociologiques et à quantifier les coûts et les bénéfices des diverses options examinées pour améliorer l’accès à l’eau répartie.

Le Groupe d’étude reconnaît que la Montana-Alberta Joint Initiative a déjà permis d’accomplir un gros de travail. L’initiative a été mise sur pied en vue de recommander des options aux gouvernements du Montana et de l’Alberta afin d’améliorer l’accès aux eaux partagées des rivières St. Mary et Milk. Le groupe d’étude examinera ce travail et s’en inspirera.

Le Groupe d’étude est en train d’ébaucher un plan de travail qui définira la structure de l’étude et le processus à suivre pour atteindre les objectifs fixés. Une fois terminée, l’ébauche sera communiquée au public aux fins de rétroaction.

La CMI travaille depuis longtemps sur la répartition des eaux dans la région. C’est à la fin des années 1800 que remonte les premières activités d’irrigation a commencé dans le bassin de la rivière Milk, au Montana, puis dans le bassin de la St. Mary, en Alberta. En raison des pressions exercées par les gouvernements et par les colons pour accroître l’activité agricole et industrielle dans la région, les tensions se sont accrues, ce qui n’a fait que jeter de l’huile sur le feu au sujet du partage des eaux entre le Canada et les États-Unis. Les différends ont amené les parties en présence à souhaiter plus ardemment un partage fiable de l’approvisionnement en eau, ce qui a fait office de catalyseur à la signature du Traité des eaux limitrophes ayant présidé à la création de la CMI.

De plus amples renseignements sur l’étude se trouvent sur le site Web du Groupe d’étude à ijc.org/smmr.

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Kevin Bunch is a writer-communications specialist at the IJC’s US Section office in Washington, D.C.

Diana Moczula
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Diana Moczula is a junior policy analyst at the IJC’s Canadian Section office in Ottawa, Ontario.