Une nouvelle étude permet de cartographier le lit de la rivière à la Pluie

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Kevin Bunch

Une étude récemment achevée avec le soutien du Comité de gestion adaptative du Conseil international du bassin du lac des Bois et de la rivière à la Pluie a permis de cartographier le lit de la rivière à la Pluie depuis les rapides Manitou jusqu’à l’embouchure du lac des Bois. 

 

En combinant une étude antérieure qui avait permis de cartographier le lit de la rivière depuis International Falls, au Minnesota, jusqu’aux rapides Manitou, les chercheurs ont maintenant cartographié toute la longueur de la géographie sous-jacente de la rivière, a déclaré Zac Morris, ingénieur chez AMI Consulting Engineers, dont on a retenu les services pour réaliser ce projet. 

 

Les rapides Manitou ont été le point de départ. « On disposait de bonnes données pour tout ce qui précède les rapides Manitou, mais tout ce qui se trouve après était incomplet. Il a donc fallu sonder environ 48 miles (ou 77 kilomètres) de rivière. » [Traduction] 

 

Le relevé a été réalisé par le personnel d’AMI en juillet et août 2024, a déclaré M. Morris, couvrant ce tronçon de la rivière en plusieurs passages à l’aide de systèmes de sonar à faisceaux multiples. AMI a collaboré étroitement avec la Société hydrographique du Canada pour préparer le relevé. L’ensemble du fond de la rivière devait être cartographié avec précision, a-t-il expliqué, ce qui a nécessité cet effort considérable.  

A research boat on the Rainy River.
Un bateau effectuant des relevés sur la rivière à la Pluie. Source : AMI 

Ces données sont actuellement traitées par Environnement et Changement climatique Canada, a déclaré Marianne Bachand, coordinatrice de projet en modélisation écohydraulique travaillant sur l’étude. Selon Mme Bachand, ces nouvelles données de relevé seront combinées aux données topographiques existantes afin de créer un modèle numérique d’élévation (MNE) pour l’ensemble de la rivière. Un MNE est une représentation tridimensionnelle de la surface, à l’exclusion des arbres, des bâtiments et d’autres objets. 

 

Ce MNE sera à son tour utile pour élaborer d’autres modèles utiles au Comité de gestion adaptative, ainsi qu’aux gestionnaires de l’eau et aux pêcheurs, a déclaré Mme Bachand. 

 

« Nous allons calibrer un modèle hydrodynamique, a déclaré Mme Bachand. Cela nous permettra de prédire le niveau d’eau localement partout dans la rivière [dans différentes conditions]. Nous prévoyons de le faire d’ici l’automne prochain et, une fois que ce sera terminé, nous améliorerons notre modélisation de l’habitat de l’esturgeon jaune et du doré jaune dans la rivière également. » [Traduction] 

 

Ces modèles seront tous utilisés dans le cadre de l’évaluation régulière des courbes des niveaux optimaux existantes, a déclaré Mme Bachand. Ces courbes sont utilisées par les gestionnaires de l’eau et la Commission mixte internationale (CMI) pour cibler les niveaux d’eau tout au long de l’année dans le bassin hydrographique. De cette manière, les décideurs peuvent s’assurer que les futures courbes des niveaux optimaux tiennent compte de ces besoins écologiques, avec une image plus complète de la manière dont l’eau peut se déplacer dans le réseau fluvial. 

A false color bathymetric map of the Rainy River's floor.
Carte d’élévation illustrant le fond d’une partie de la rivière à la Pluie. Source : AMI 

Le MNE et le modèle hydrodynamique sont des composantes d’un système intégré social, économique et environnemental (ISEE) pour le réseau fluvial, a expliqué M. Morris. La CMI a utilisé des systèmes ISEE dans le cadre de ses travaux dans d’autres bassins, comme pour le lac Champlain, le lac Ontario et le fleuve SaintLaurent, afin de déterminer les impacts environnementaux et économiques des différents niveaux d’eau, y compris les événements extrêmes. Mme Bachand a déclaré que le système ISEE pourrait être utile pour étoffer d’autres indicateurs potentiels des courbes des niveaux optimaux et de leur efficacité, notamment pour identifier les risques liés au développement dans les zones inondables ou aux sites culturellement sensibles pour les communautés autochtones du bassin hydrographique. 

 

Le MNE devrait être achevé d’ici la fin de l’été, selon Mme Bachand, et les autres modèles qui en découlent suivront. 

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Kevin Bunch

Kevin Bunch is a writer-communications specialist at the IJC’s US Section office in Washington, D.C. and serves as the executive editor for the Shared Waters newsletter.